Every day is Saturday
Tom Wood

18.06.2022 – 16.10.2022

Commissariat : Jérôme Sother, François Cheval et Yasmine Chemali

Exposition coproduite avec Le Centre d’Art GwinZegal, Guingamp

Cette exposition fait partie de la programmation des Rencontres d’Arles dans le cadre du Grand Arles Express.

Celui qui se met en quête d’infini ou de transcendance ne trouvera pas son lot au milieu de voyages en bus, à la sortie du stade, à l’embarcadère de la Mersey ou dans les vestiaires des chantiers navals. Quant à celui qui recherche une logique déterministe, un propos sociologique et politique de l’Angleterre, il pourra trouver ça et là des informations visuelles sur une période et un espace déterminés. Grâce à Tom Wood, on échappe aux stéréotypes auxquels une certaine photographie documentaire britannique nous a habitués.

L’œuvre forte de plusieurs séries, désormais « historiques », nous plonge dans l’atmosphère de l’Angleterre thatchérienne et post-thatchérienne. Depuis longtemps déjà, un vent mauvais avait commencé à souffler sur Liverpool. Et, au moment où Tom Wood intervient, il souffle encore, brutal. Une suite d’événements, comme la fermeture des chantiers navals, qui en s’ajoutant et se répétant, dresse un tableau cohérent d’un univers particulier, d’une époque, une guerre de classe, dont il ne restera bientôt plus que quelques traces et des portraits d’une rare noblesse, des portraits débarrassés du pathos héroïque. Il n’a jamais été facile pour la photographie de sortir de l’héroïsation. À trop vouloir ériger en attitudes allégoriques, donc irréelles, la condition humaine, la photographie a parfois instrumentalisé le malheur et les peines. Elle a, de fait, sous-évalué les singularités, souvent plus porteuses de sens. Dans la volonté d’affirmer des principes photographiques, vouloir contracter une alliance « morale » avec une communauté de « petites gens », avec « le petit peuple », relève encore du défi et même de la provocation. Ce défi, Tom Wood l’a relevé sans discontinuité libérant l’empathie photographique du purgatoire où elle végétait.

Biographie

L’Irlandais Tom Wood (né en 1951) prend des photographies presque tous les jours. Après avoir étudié les beaux-arts à l’école polytechnique de Leicester de 1973 à 1976, il s’installe avec sa famille dans le Merseyside en 1978. Fasciné par le cinéma expérimental, il prend alors le parti de la photographie qu’il découvre seul. Un autodidacte donc qui restera fidèle à la chimie, au papier et à la chambre noire, un expérimentateur forcené de la technique, de la plus simple à la plus élaborée (du film périmé au panoramique).
C’est muni d’un Leica 35 qu’il arpente Liverpool et les rives de la Mersey entre 1978 et 2001 et prend le parti de dresser un portrait de la ville et de ses habitants : rues, pubs, clubs, marchés, chantiers, parcs ou encore stades de football. Ce portrait sans arrière-pensées des couches populaires au milieu des grandes friches industrielles et des terrains vagues configure un œuvre sans égal dans la photographie contemporaine.

Le travail de Tom Wood a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles. En France, il a été montré dans des festivals, dans le cadre de la Galerie Sit Down ou encore au Centre photographique GwinZegal de Guingamp (2012) et au Château d’Eau à Toulouse (2005). Ses œuvres ont rejoint les collections du MoMA et de l’ICP à New York, de l’Art Institute of Chicago et du Victoria & Albert Museum à Londres. En 2002, Tom Wood a reçu le « Prix Dialogue de l’Humanité » aux Rencontres d’Arles.

Tom Wood
Gangolad [Anfield]
Série : Les Reds – Liverpool

1992
©Tom Wood

Tom Wood
Série : Les Reds – Liverpool
1983-2001
©Tom Wood

Tom Wood
Pink Lipstick
Série : Chelsea Reach – Looking For Love
1984
©Tom Wood

Tom Wood
Hard hat
Série : Cammell Laird Shipyard
1993
©Tom Wood

Tom Wood
Redhead boy
Série : Photie Man

1986
©Tom Wood

Programmation parallèle

Freestyle football

Mercredi 06.07 – 18h > 19h30

Visite thématique suivie d’une initiation par la vice-championne du monde Alice Fougeray.

Tarif : 10€

Tout public

Sur inscription

Couleurs et lumières

Samedi 23.07 – 10h > 12h

Atelier de pratique autour de la lumière et des couleurs avec Élodie Garrone, artiste plasticienne.

Tarif : 10€

À partir de 7 ans

Sur inscription

Portraits en couleurs

Samedi 06.08 – 10h > 12h

Atelier familial de création d’un portrait en papier coloré avec Guillemette Lorin, art-thérapeute.

Tarif : 4€ + billet d’entrée

À partir de 3 ans

Sur inscription

Informations et réservations

au +33 (0)4 22 21 52 12
ou +33 (0)4 22 21 52 14

kpeacock@villedemougins.com
eprestini@villedemougins.com
info@cpmougins.com

Cahiers #4

Every day is Saturday : Tom Wood

Auteur·e·s :

Yasmine Chemali, François Cheval, David Peace, John Peel, Alexis Tadié, Leïla Vignal.

192 pages

29€

Isbn : 979-10-90698-53-6

Photographe du quotidien, Tom Wood ou « Photie Man » arpente les rues de Liverpool où il vit. Il dresse le portrait d’une ville et de ses habitants, pris sur le vif du haut d’un bus, dans le ferry, sur les marchés du dimanche ou sur le chantier naval de Cammell Laird ou encore au night-club. Dans les photographies de Tom Wood, il n’y a aucun montage, aucun recadrage. Ce qui est donné à voir est là, devant nous. Un geste compulsif, un regard incisif, le péril de la planche-contact qui peut dire une histoire ou passer à côté. Alors, il faut se montrer généreux à la hauteur d’un artiste qui donne tout. Les contributions du numéro 4 des Cahiers, sans arrière-pensées, mêlent les regards et entreprennent, à plusieurs voix, la lecture de cet univers liverpuldien. 

En vente à la boutique du Centre de la photographie.

Expositions à venir

Photographier les vodous
Catherine De Clippel

05.11.2022 – 05.02.2023

Commissariat : François Cheval et Yasmine Chemali

Dans la culture occidentale, la religion vodou a longtemps été considérée comme un tissu de superstitions sanguinaires et maléfiques. On s’est autorisé à catégoriser le vodou au même titre que la magie ou la sorcellerie, reléguant les cultes vodous au rang de pratiques primitives, ancestrales, figées. Or, les vodous nous sont contemporains. Implantés depuis des temps immémoriaux, ils cohabitent aux côtés du christianisme et de l’islam. Aujourd’hui, des manifestations aux caractéristiques politiques et culturelles autour du vodou contribuent à faire évoluer son image.

Les images de Catherine De Clippel (née en 1940 à Aalst, Belgique) font suite à celles de Pierre Verger, aux pensées d’Alfred Métraux, aux intuitions de Georges Bataille ou encore aux interrogations de Michel Leiris. Ces images, que nous croyions muettes se révèlent si bavardes parce qu’insensiblement instruites. L’anthropologie visuelle nous fait accepter l’idée que l’image enregistrée possède, par contamination culturelle, une puissance symbolique, en la délivrant de sa seule connotation indicielle, de sa nature de trace, elle va au-delà de sa simple représentation. Par là même, elle réinvestit des espaces qu’elle avait abordés avec les surréalistes, le domaine de la poésie et du sensible.

Expositions passées

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