Commissariat : François Cheval, Yasmine Chemali, Christelle Rochette
Vernissage vendredi 30.10.2026, 18h30
« Icônes : images fantasmées » s’inscrit dans un échange de plusieurs années avec le musée de l’Image, à Épinal, sous la direction de Christelle Rochette, qui a initié la réflexion autour du statut des images-icônes à partir de ses collections et d’ajouts contemporains. En 2024, l’exposition d’Épinal (du 24 février au 22 septembre) rendait compte des mythes et des légendes, des destinées hors du commun, de l’aura magnétique ou encore de l’adhésion des foules, pour mettre en lumière la fabrication de l’image, le fantasme de l’icône. Pour Mougins, le corpus d’oeuvres sélectionnées a été adapté, repensé à travers le prisme de l’industrie photographique et de son rôle dans ce besoin qu’a l’humanité de se projeter dans le corps d’un·e autre, pas n’importe quel autre, un être quasi divin, débarrassé de toute ambiguïté ou défaut, et, surtout, coupé du monde.
Le monde contemporain est saturé d’images. Parmi elles, certaines acquièrent une force particulière jusqu’à accéder au statut d’icône. Issu du grec eikôn (« image »), le terme désigne d’abord les représentations sacrées de la tradition chrétienne orientale. Il s’est progressivement étendu au domaine profane pour qualifier des figures dont l’image semble dépasser l’existence même. Cette transformation repose autant sur l’image que sur ceux qui la regardent. L’icône n’existe que par une communauté d’adorateurs, de fidèles ou de spectateurs qui lui accordent une valeur symbolique, qui la contemplent, la reproduisent et contribuent à sa puissance. Elle devient le lieu d’une croyance collective, entre fascination, vénération et projection. Dans la tradition biblique, l’icône se distingue pourtant de l’idole. L’idole prétend enfermer le divin dans une forme visible. L’icône, au contraire, ne vaut que par ce qu’elle révèle de l’invisible, d’un au-delà fantasmé. Elle n’est pas adorée pour elle-même, mais comme le signe d’une présence qui la dépasse. Avec la photographie, puis le cinéma et les médias de masse, ce rapport aux images s’est profondément transformé. La reproduction mécanique a multiplié les figures susceptibles d’accéder au statut d’icône, du saint au héros, du martyr à la renaissance. L’exposition explore cette tension entre image et croyance, entre ceux qui sont représentés et ceux qui, par leur regard, leur admiration ou leur dévotion, contribuent à leur donner une existence autonome, hors du réel.
L’organisation s’organise en douze chapitres prenant pour ancrage un personnage-icône :
Le Christ : la vraie icône / Le Guerrillero Heroico / Marilyn, Norma Jean, Zelda Zonk / La main de Dieu ou la vie de Saint Diego / Mausolées / La transverbération de Padre Pio / La Beatlemania / Alias Johnny / BB. La nouvelle Ève / Diana et le treizième pilier / Le 18 juin, une parole en acte / Frida Kahlo ou le dolorisme mexicain.
Ce projet est labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation officielle du Bicentenaire du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.
Paquet de cigarettes
Années 1990-2010
Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône
© Jim Fitzpatrick (1946)
Viva Che !
Sérigraphie,1968
© Douglas Kirkland (1934-2022)
Marilyn Monroe,1961
Tirage chromogène. Collection photographique de la Fnac en
dépôt au Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône
© David Diehl (1976)
Portrait de Maradona (série Icon), 2016
Musée national du sport, Nice. Avec l’autorisation de l’artiste
Anonyme
Sans titre, sans date
Gouache sur toile. Collection privée
Quatre badges à réseau lenticulaire, 1964
Varie-vue, Mont Vernon, États-Unis (fabricant)
Collection privée
Eva Perón prononçant un discours électoral lors d’un
grand rassemblement de travailleurs,1951
© Avec l’autorisation de Getty Images
Simone de Beauvoir (1908-1986)
Brigitte Bardot and the Lolita Syndrome, 1961
Édition : London André Deutsch and Weidenfeld & Nicolson
Collection privée
Programmation parallèle
Tour express commenté
les mercredis et samedis
→ 15 h
sans supplément sur le billet d’entrée
Visite jeune public
Mise en voix spécialement conçu pour les familles à partir des photographies exposées.
Les dimanches
1.11.2026
6.12.2026
3.01.2027
7.02.2027
16 h → 16 h 20
Dès 4 ans.
Gratuité dans le cadre du 1er dimanche du mois.
Informations et réservations :
+33 (0)4 22 21 52 12
centrephotographie@villedemougins.com
Exposition à venir
Le corps vitré : Lara Tabet
5.03 – 6.06.2027
Commissariat : Yasmine Chemali
Vernissage 4.03.2027, 18h30
Projet lauréat de BMW Art Makers 2026.
À la croisée de l’art, des sciences biomédicales et de l’écologie, ce projet explore les relations entre vivant, image et environnement à travers un procédé expérimental de bactériographie. À partir de prélèvements microbiologiques réalisés dans des milieux aquatiques situés à l’interface entre des espaces naturels et des infrastructures industrielles, Lara Tabet crée des images produites par l’interaction directe entre micro-organismes et surfaces photosensibles. Ce protocole, à la croisée de la recherche scientifique et de la création artistique, fait de l’image le résultat d’une co-production entre l’artiste et le vivant, où le temps, la lumière et les micro-écosystèmes deviennent des agents actifs de la forme.
Pour l’exposition, ces empreintes du vivant sont transposées en vitraux contemporains, opérant un passage du biologique au minéral en passant par le numérique, inscrivant ainsi l’image dans une temporalité longue et durable. En associant photographie, verre et lumière, Le corps vitré interroge la capacité de l’image à rendre visibles des écosystèmes souvent invisibilisés et à devenir un outil pour mettre en lumière les enjeux environnementaux actuels.
Expositions passées
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